Ces trois présents des mages ont une valeur mystique et symbolique.
Mystique par rapport à Jésus, notre Roi, vrai Dieu et vrai homme.
Symbolique par rapport à nous qui devons tendre à nous offrir comme de l'or, comme de l'encens et comme de la myrrhe.

Tirons de nos cœurs des hommages dignes de Dieu

Les mages offrent donc de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
L'or convient à un roi, tandis que l'encens sert pour le service divin ; mais avec la myrrhe, on embaume les corps des morts.
Par leurs présents mystiques, les mages proclament donc Celui qu'ils adorent : l'or indique le Roi, l'encens, un Dieu, la myrrhe un mortel.

Il y a quelques hérétiques qui Le croient Dieu, mais ne croient nullement qu'Il règne partout. Ceux-ci, certes, Lui offrent l'encens, mais ne veulent pas Lui offrir aussi l'or.

D'autres admettent sa royauté, mais nient sa Divinité. Ceux-ci en réalité Lui offrent l'or, mais ne veulent pas Lui offrir l'encens.

D'autre encore le reconnaissent Dieu et Roi, mais nient qu'Il ait revêtu une chair mortelle. Ceux-là Lui offrent bien l'or et l'encens, mais ne veulent pas Lui offrir la myrrhe, signe de la nature mortelle qu'Il a revêtue.

Pour nous, donc, au Seigneur qui est né,
offrons l'or puisque nous reconnaissons qu'Il règne partout ;
offrons l'encens puisque nous croyons que Celui qui est apparu dans le temps était Dieu avant tous les temps ;
offrons la myrrhe, puisque Celui que nous croyons impassible dans sa Divinité, nous croyons aussi qu'il a été mortel dans notre chair. (Saint Grégoire)

Concrètement, allons-nous vraiment offrir à Jésus, comme nous y invite saint Grégoire, de l'or, de l'encens, de la myrrhe ?

Ces offrandes ont une valeur mystique, symbolique : c'est dans ce sens que nous devons le comprendre. Que pourront donc être, pour nous, ces hommages dignes de Dieu ?

Quels seront ces dons que nous offrirons à Jésus ? - Les mêmes que ceux des mages :

l'or

de la charité et de nos bonnes actions,

l'encens

de l'adoration et de la prière,

la myrrhe

de la pureté et de la mortification.

L'or

L'OR offert au Roi est le signe de

1) notre soumission à Dieu, une soumission faite d'amour et de confiance.

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu...
Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui.
Il les a éprouvés comme l'or dans la fournaise,
et les a agréés comme un holocauste parfait. (Sg 3, 1, 5-6)

2) L'or purifié par le feu est le symbole de la perfection : on ne peut offrir au Roi que ce qu'on a de plus beau.

Montre-toi patient, car l'or est éprouvé au feu, et les élus le sont dans le creuset de l'humiliation. Mets en Dieu ta confiance, et Il te viendra en aide. Suis la voie droite et espère en Lui. (Si 5, 6)

Ne voyez qu'un sujet de joie dans les épreuves de toutes sortes qui tombent sur vous,
sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience.
Mais que la patience s'accompagne d'œuvres parfaites,
afin que vous soyez parfaits, irréprochables, ne laissant rien à désirer. (Jc 1, 2-4)

3) C'est aussi le signe du détachement : faire toutes choses pour le Roi Jésus, et non pour notre satisfaction, notre intérêt ou notre gloire personnelle : c'est "l'esprit de pauvreté".

L'encens

L'ENCENS (du latin incensum, brûler) que l'on fait brûler devant Dieu et qui dégage un parfum agréable, signifie :

1) l'adoration, par laquelle la créature s'anéantit devant son créateur, comme l'encens se consume devant Dieu.

2) la prière, qui s'élève devant Dieu comme la fumée de l'encens.

Que ma prière, Seigneur, monte comme l'encens en votre présence ... (Ps. 140, 2)

Un ange se tenait près de l'autel, un encensoir d'or à la main ;
on lui donna beaucoup de parfums, pour qu'il fît une offrande des prières de tous les saints
sur l'autel d'or qui est devant le trône ;
et la fumée des parfums, formés des prières des Saints,
monta de la main de l'ange devant Dieu. (Apoc. 8, 3-4)

3) la grâce que Dieu répand dans les âmes, comme la bonne odeur qu'exhale l'encens dans l'église.

Le Christ nous a aimés et s'est livré Lui-même à Dieu pour nous,
comme une oblation et un sacrifice d'agréable odeur. (Ep. 5, 2)

Nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ... (2 Cor. 2, 15)

4) l'obéissance de la volonté : quand on jette l'encens dans le feu, il se consume en une fumée odorante qui monte vers le ciel. Ce feu, c'est l'obéissance, l'encens, notre volonté.
Quand notre volonté se consume dans l'obéissance, c'est un sacrifice d'agréable odeur que nous offrons à Dieu.

La myrrhe

La MYRRHE, (du grec murrha, de muron, parfum) était le parfum dont on se servait en Orient pour embaumer les morts. Mêlée à du vin, elle constituait un breuvage narcotique qu'on offrait aux criminels pour amortir le sentiment de la douleur.

La myrrhe est donc le symbole de la souffrance et de la mort.

La myrrhe offerte à l'humanité de Jésus, en prévision de sa mort pour nos péchés, nous rappelle la nécessité de la mortification : notre pauvre nature humaine déviée par le péché aura toujours besoin d'être corrigée, redressée, "mortifiée".

Ce parfum au goût amer, qui a la propriété de préserver les corps des morts de la corruption, est le symbole de la pureté, de la chasteté.

Dans une perspective de réparation et d'union aux souffrances de Jésus, nos enfants pourront apprendre la patience dans les difficultés et à offrir à Jésus leurs sacrifices et leurs renoncements.

Une fois encore, la meilleure des leçons se trouve dans l'exemple que nous-mêmes leur donnons...


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