48.2 – CATÉCHISME AVEC “QUESTIONS-RÉPONSES” ? (pédagogie)

Pour consolider des connaissances, rien ne vaut un résumé ou une formule
que l’on mémorise, sous forme de réponse à une question essentielle.


Avec la parution du Catéchisme de l’Eglise abrégé (2005), la formule des questions-réponses est remise à l’honneur : le pape Benoît XVI encourageait fortement à reprendre cette pratique bien connue des anciennes générations. Plusieurs remarques :

1 – la démarche qui consiste à “poser des questions” est tout à fait spontanée et naturelle chez un enfant, surtout les plus jeunes.
Chaque question appelle donc une réponse de la part de l’adulte, parent ou enseignant.

2 – c’est un procédé didactique très utile pour faire préciser la pensée de quelqu’un.

3 – il permet de découper les difficultés.

4 – ce procédé est souvent employé dans la vie littéraire, dans les interviews par exemple.
Nombre de livres paraissent à l’heure actuelle sous cette forme.

Pour consolider des connaissances, quelles qu’elles soient, rien ne vaut un résumé ou une formule que l’on mémorise facilement, sous forme de réponse à une question essentielle.
Certes, il peut toujours exister un risque de “mécanisation” : apparemment, l’enfant “sait” sa leçon, (du moins, il sait la “réciter”)… mais si l’on creuse un peu, ou si l’on pose des questions différentes de celles qu’il a apprises, on s’aperçoit qu’il n’a pas compris.

Cela peut être le signe que la leçon n’a pas été bien faite. Ce n’est qu’en fin de leçon, en effet, après s’être assuré que les enfants l’ont bien comprise et assimilée, tant dans l’intelligence que dans le cœur, que l’on va confier à la mémoire les points principaux à retenir de cette leçon.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce que ce procédé ait été employé de longue date en catéchèse.

Mais parce qu’on a reproché à cette méthode de ne donner comme résultat que des “mécanismes”, sans que les enfants aient réellement compris leur leçon, elle a été, depuis une cinquantaine d’années, complètement abandonnée. Le résultat n’a pas été ce que l’on espérait…Loin de là !

Pourtant, les directives du Magistère romain ont toujours insisté pour que l’on conserve ce travail de la mémoire. En particulier :

– les deux Directoires généraux de la Catéchèse (1971 et 1997),
– Jean-Paul II dans son exhortation apostolique “Une catéchèse pour notre temps”, Catechesi Tradendae au § 55 (1979) (voir ci-dessous)

Rien ne peut mieux garantir la transmission de la foi que de confier à la mémoire les vérités apprises au cours d’une leçon de catéchisme : il s’agit de formules “sûres”, reconnues pour leur conformité à la doctrine catholique et éprouvées au fil des générations.

Donc, en ce qui concerne la connaissance des vérités de la foi, la plus précieuse de toutes, n’hésitons pas à nourrir la mémoire, l’intelligence et le cœur de nos enfants avec quelques questions à mémoriser.

Il va de soi que cet exercice se fera en fonction de l’âge des enfants.
La première année, ils n’auront à apprendre que 2 ou 3 questions, les plus fondamentales.
Lorsque le même sujet sera repris l’année suivante, ils les reverront et en apprendront quelques autres.
Enfin, la dernière année du catéchisme, ils auront l’ensemble des questions à apprendre.

Ils pourront ainsi arriver à la Profession de Foi avec une réelle connaissance des grandes vérités de la foi.
Ils auront encore à les approfondir dans les années suivantes. Mais les bases sont alors assurées.

Directoire Général de la Catéchèse – 1971

Les formules permettent l’expression précise des idées, elles se prêtent à un exposé exact de la foi ; et, confiées à la mémoire, elles favorisent la possession stable de la vérité.
Enfin, elles rendent possible entre chrétiens un mode d’expression commun.
Généralement on proposera et on expliquera les formules lorsque la leçon ou la recherche parviennent au stade de la synthèse.
Il faut choisir de préférence les formules qui expriment fidèlement la vérité de foi et sont compréhensibles aux auditeurs.
On ne doit pas oublier que les formules dogmatiques sont une véritable profession de la doctrine catholique et que, par conséquent, elles doivent être reçues comme telles par les fidèles, au sens où les entend l’Église.
Les formules traditionnelles de profession de foi et de prière, telles le symbole des Apôtres, l’oraison dominicale, la salutation angélique et autres semblables, doivent être enseignées avec soin. (§ 73)

Même message dans le Directoire Général de 1997. Notons en particulier :

L’exercice de la mémoire est donc un élément constitutif de la pédagogie de la foi depuis les premiers temps du christianisme.
Pour surmonter les risques d’un apprentissage mécanique, la mémorisation doit s’insérer harmonieusement parmi les divers rites de l’assimilation, tel que la réaction spontanée et la réflexion, le moment du dialogue et celui du silence, l’exposé oral et le travail écrit.
(§ 154)

Jean-Paul II : Une catéchèse pour notre temps (§ 55)

La dernière question méthodologique est celle de la mémorisation.
Les débuts de la catéchèse chrétienne, qui coïncident avec une civilisation surtout orale, ont recouru très largement à la mémorisation. La catéchèse a ensuite connu une longue tradition d’apprentissage des principales vérités par la mémoire.

Nous savons tous que cette méthode peut présenter certains inconvénients… dont celui de se prêter à une assimilation insuffisante, parfois presque nulle, tout le savoir se réduisant à des formules que l’on répète sans les avoir approfondies.
Ces inconvénients, unis à diverses caractéristiques de notre civilisation, ont conduit ici ou là à la suppression presque complète de la mémorisation en catéchèse.

Pourtant des voix très autorisées se sont fait entendre… pour rééquilibrer judicieusement la part de la réflexion et de la spontanéité, du dialogue, des travaux écrits et de la mémoire. D’ailleurs, certaines cultures font grand cas de la mémorisation.

Alors que, dans l’enseignement profane de certains pays, des plaintes s’élèvent de plus en plus nombreuses sur les fâcheuses conséquences du mépris de cette faculté humaine qu’est la mémoire, pourquoi ne chercherions-nous pas à la remettre en valeur de manière intelligente et même originale dans la catéchèse, d’autant plus que la célébration ou “mémoire” des grands faits de l’histoire du salut exige qu’on en possède une connaissance précise ?

Une certaine mémorisation des paroles de Jésus, de passages bibliques importants, des dix commandements, des formules de profession de foi, des textes liturgiques, des prières essentielles, des notions clefs de la doctrine…, loin d’être contraire à la dignité des jeunes chrétiens ou de constituer un obstacle au dialogue personnel avec le Seigneur, est une véritable nécessité, comme l’ont rappelé avec vigueur les Pères synodaux.
Il faut être réaliste. Ces fleurs, si l’on peut dire, de la foi et de la piété ne poussent pas dans les espaces désertiques d’une catéchèse sans mémoire.

L’essentiel est que ces textes mémorisés soient en même temps intériorisés, compris peu à peu dans leur profondeur, pour devenir source de vie chrétienne personnelle et communautaire.

La pluralité des méthodes dans la catéchèse contemporaine peut être signe de vitalité et d’ingéniosité. Dans tous les cas, il importe que la méthode choisie se réfère en fin de compte à une loi fondamentale pour toute la vie de l’Église : celle de la fidélité à Dieu et de la fidélité à l’homme, dans une même attitude d’amour. (§ 55)

Voir aussi le document  Mémoire et formation religieuse