21 – DU CIEL À LA TERRE… DE LA TERRE AU CIEL… (spiritualité)

Méditation sur la distance infinie qui nous sépare de Dieu.

En Lui-même, Dieu est inaccessible aux hommes.
Mais parce qu’Il nous aime et pour nous permettre de L’approcher, Il a voulu venir jusqu’à nous, afin de nous élever jusqu’à Lui.


Nul n’est monté au ciel, sinon Celui qui est descendu du Ciel, le Fils de l’homme… (Jn 3, 13)

Le ciel, c’est le ciel du Seigneur, mais Il a donné la terre aux enfants des hommes. (Ps 113, 16)
Selon une conception spontanée et universelle, reprise par la Bible, le ciel est l’habitat de la Divinité, la terre celui des hommes.

Le Ciel est mon Trône, dit le Seigneur, et la terre est l’escabeau de mes pieds. (Is 66, 1)

Pour visiter les hommes, Dieu “descend” donc du Ciel :

Seigneur, abaisse les cieux, et descends ! (Ps 143, 5)

Voici que le Seigneur va sortir de sa demeure, il descendra,
Il marchera sur les hauteurs de la terre. (Mi 1, 3)

puis Il y “remonte” :

Ayant achevé de parler avec lui, Dieu remonte d’auprès d’Abraham. (Gn 17, 22)

La nuée est son véhicule :

Le Seigneur abaissa les cieux et Il descendit. Une nuée épaisse était sous ses pieds.
Porté sur les Chérubins, Il a pris son essor, Il planait sur les ailes du vent. (Ps 17,10)

Voici que le Seigneur, porté sur une nuée légère, entre en Egypte :
les idoles de l’Egypte tremblent en sa présence. (Is 19, 1)

L’Esprit qu’Il envoie doit aussi “descendre” :

Et voici que les cieux s’ouvrirent,
et Jean vit l’Esprit de Dieu descendre, tel une colombe, et venir sur Jésus. (Mt 3, 16)

de même, la Parole qui lui revient, une fois son œuvre accomplie.

Comme la pluie et la neige descendent du ciel et n’y retournent pas,
sans qu’elles aient abreuvé et fécondé la terre, et qu’elles ne l’aient fait germer,
ainsi en est-il de ma Parole qui sort de ma bouche : elle ne me revient pas à moi sans effet,
mais elle exécute ce que j’ai voulu, et accomplit ce pour quoi je l’ai envoyée. (Is 55, 10-11)

Pour les hommes, le trajet jusqu’à Dieu est de soi impossible. Parler de “monter au ciel” équivaut à exprimer la recherche de l’inaccessible :

Qui monte au ciel, et qui en descend ? (Pr 30, 4)

Qui est monté au ciel et a saisi la sagesse, et l’a fait descendre des nuées ? (Ba 3, 29)

… quand ce n’est pas la prétention d’un orgueil insensé.

Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ?
Tu seras précipitée jusqu’aux enfers. (Mt 11, 20)

C’est déjà beaucoup que les prières “montent” au ciel :

Le Seigneur écoute la prière de l’opprimé ;
il ne dédaigne pas l’orphelin qui supplie, ni la veuve qui répand sa plainte.
Celui qui honore Dieu de la manière qui lui plaît sera bien accueilli,
et sa prière montera jusqu’aux nues. (Si 35, 16-17)

Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu, qui s’en est souvenu. (Ac 10,4)

Lorsque que Dieu donne rendez-vous aux hommes, c’est sur des montagnes, où Il “descend”, tandis qu’eux y “montent”. Comme au Sinaï :

Le Seigneur descendit sur la montagne du Sinaï, sur le sommet de la montagne,
et il appela Moïse sur le sommet de la montagne, et Moïse monta. (Gn 19, 20)

ou le mont Sion :

Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob.
Il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. (Is 2, 3)

Et plus tard, lorsque Jésus sera “descendu” sur notre terre, c’est encore sur une montagne, le Thabor, qu’Il emmène trois de ses apôtres, pour leur manifester sa gloire dans sa Transfiguration.

Lors de son Incarnation, Jésus “descend” sur terre, dans le silence, le secret, la discrétion…
Mais à l’Ascension, Il “remonte” au Ciel. (cf Jn 20, 1, annonce à Marie-Madeleine après sa Résurrection)

Ils le virent s’élever, et disparaître à leurs yeux dans une nuée… (Ac 1, 9)

Il y monte publiquement, manifestant ainsi sa puissance divine et sa gloire :

Celui qui est descendu, c’est le même qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux… (Ep 4, 9)

Comme les disciples après la montée au Ciel de leur Seigneur, gardons nos yeux et notre cœur fixés là où Il se trouve désormais :

Recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, siégeant à la droite de Dieu.
Pensez aux choses d’en haut, non à celles de la terre. (Col 3, 1-3)

C’est ainsi que, après notre vie sur cette terre, nous mériterons de Le voir face à face (1 Co, 13, 12) :

Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. (Mt 5, 8)