13 – FIGURES DE L’EUCHARISTIE DANS L’ANCIEN TESTAMENT (formation)

Dans l’Ancien Testament, comme pour de nombreux aspects de la vie du Christ, on trouve pour l’Eucharistie des figures qui la prédise :
– le sacrifice d’Abel
– Melchisédech
– l’immolation d’Isaac
– l’agneau pascal
– la manne


Nous présentons ici ces figures dans leur ordre chronologique.
Deux d’entre elles annoncent le pain eucharistique, c’est-à-dire l’aspect “nourriture”,
les autres préfigurent le sacrifice.

Le mot “hostie” signifie “victime” : c’était le mot employé pour les sacrifices de l’Ancien Testament.
Il désigne maintenant, à proprement parler, “LA” Victime offerte en sacrifice, Notre Seigneur Jésus-Christ présent sous les espèces du pain et du vin après la consécration : c’est Lui l’unique “HOSTIE” digne d’être agréée par le Père.
Néanmoins, le nom d’hostie est toujours donné au pain non consacré mais préparé pour la messe.

Le sacrifice d’Abel

En signe d’adoration, pour reconnaître la Grandeur de Dieu et sa Toute-Puissance, pour reconnaître aussi que nous Lui devons tout, et pour Le remercier de nous avoir tout donné, Adam et Eve avaient appris à leurs enfants à offrir à Dieu des sacrifices, c’est-à-dire des offrandes qu’ils devaient prendre parmi les choses qu’ils possédaient : soit des produits de la terre (des fruits, des légumes) soit un animal de leur troupeau.

Pour offrir un sacrifice, on le mettait sur un autel (sorte de table en pierre) et on y mettait le feu, on le détruisait pour bien montrer qu’on ne s’en servirait pas mais qu’on le donnait à Dieu.

L’aîné, Caïn, n’avait pas envie de perdre ses plus beaux fruits : il offrait donc les fruits les moins beaux, les plus petits … et il gardait les meilleurs pour lui.

Le second, Abel, choisissait avec amour le plus joli petit agneau de son troupeau, le plus blanc, le plus doux : c’est celui-là qu’il offrait au Seigneur, et il l’offrait de tout son cœur.

Et le Seigneur, qui voit le fond des cœurs, a reçu avec plaisir le sacrifice d’Abel.
Mais il a rejeté celui de Caïn.

Car ce qui compte aux yeux de Dieu dans nos offrandes, c’est de voir si notre cœur est bon.
Ce qui Lui plaît, c’est la pureté : notre désir de Lui obéir, de faire sa Volonté. C’est là le vrai sacrifice qui plaît à Dieu, et Dieu n’en accepte pas d’autre que celui-là.

C’est pour la pureté de son offrande et la droiture de son cœur que le sacrifice d’Abel est accepté de Dieu : il est par là une annonce du sacrifice parfait de Jésus et c’est pourquoi il est mentionné à la Messe (dans le canon romain), avec ceux d’Abraham et de Melchisédech.

Melchisédech

Qui était Melchisédech ? Un personnage un peu mystérieux, dont les tribus voisines ignoraient l’origine : il se distinguait tellement par l’éminence de ses vertus qu’on l’avait appelé “Melchisédech” ou le roi de justice.
Il apparut un jour sur les rochers qui formèrent plus tard l’emplacement de Sion (Jérusalem) et y traça les premiers contours d’une ville nommée par lui “Salem“, ou la cité de la paix.
Là, vivant en effet dans le calme et la paix, il servait le grand Dieu qui créa le ciel et la terre, enseignant par son exemple aux familles idolâtres qui l’entouraient à louer le nom du Seigneur.
Non seulement adorateur, mais prêtre du Très-Haut, il Lui offrait en sacrifice, au lieu de victimes sanglantes, les prémices du froment et de la vigne.
Malgré leur amour des idoles et leurs superstitions païennes, les Chananéens ne pouvaient arrêter leurs regards sur le majestueux pontife de Salem sans s’incliner devant lui comme devant un ange du Ciel.
Melchisédech se présenta devant Abram, comme le pontife du Dieu que servait le saint patriarche. Il offrit le pain et le vin en sacrifice d’action de grâces pour la victoire remportée par Abram sur les princes étrangers, puis il bénit le héros qui dans cette circonstance avait été l’instrument du Dieu tout-puissant :
“Que le grand Dieu créateur du ciel et de la terre bénisse Abram, son serviteur. Qu’il soit lui-même béni, ce Dieu dont le bras protecteur a couché par terre nos fiers ennemis !” (Gn 15, 19)
(RP. BERTHE. Jehovah et son peuple. Tome 1)

NOTE : Abram était le nom d’Abraham avant que Dieu ne fasse alliance avec lui.

Melchisédech, roi et prêtre, roi de justice et de paix, est un portrait anticipé de Jésus.

L’oblation du Pain et du Vin est une annonce à la fois du pain eucharistique qui nourrira nos âmes, et du sacrifice qui nous obtient la paix (à l’emplacement de la future ville de Jérusalem où sera plus tard immolé le véritable Agneau de Dieu).

L’immolation d’Isaac

Abraham n’hésite pas à immoler son fils par obéissance à Dieu : il est l’image du Père qui n’hésite pas à envoyer son Fils sauver les hommes en s’offrant pour eux en sacrifice.

Isaac est la figure du Christ soumis en tout à la Volonté de son Père.

Le bois qu’il porte sur l’épaule pour le bûcher du sacrifice est l’image du bois de la Croix que Jésus portera sur la route du Calvaire.
Il n’y a pas de figure plus forte pour exprimer l’aspect “sacrifice” de l’Eucharistie.

Mais Dieu qui avait interdit les sacrifices humains, horrible pratique païenne, voulait seulement éprouver la fidélité et l’obéissance de son serviteur. Le sacrifice d’Isaac ne devait avoir qu’une valeur figurative.

C’est pourquoi les sacrifices – les sacrifices sanglants – offerts à Dieu ont été pris parmi des animaux. C’est pourquoi aussi Isaac a été remplacé sur l’autel du sacrifice par un agneau (un “bélier”, Gn, 22, 13) préfigurant ainsi l’Agneau Pascal par excellence, Jésus-Christ.

L’Agneau pascal

Le sacrifice de l’agneau pascal dans l’Ancien Testament est le symbole de la délivrance. (Ex 12, 1-15)

A la suite de l’immolation d’un agneau dont le sang, répandu sur la porte de leurs maisons, les a protégés de l’Ange exterminateur, les Hébreux, retenus en esclavage par le Pharaon (figure du démon), vont enfin pouvoir sortir d’Égypte (figure de l’esclavage du péché) et entreprendre cette longue route vers la terre promise (image du Ciel vers lequel nous sommes tous en marche).

Pour garder la mémoire de cet événement unique et leur rappeler que c’est à Lui seul, le Dieu Tout-Puissant qu’ils devaient leur délivrance, Dieu avait prescrit aux Hébreux le renouvellement, chaque année, du sacrifice de l’agneau pascal (Pâque = passage), dans chaque famille et, très solennellement, au Temple de Jérusalem.

Cet agneau est la figure du Christ : le Jeudi-Saint, Jésus a d’abord accompli le repas rituel des juifs.
Puis, en consacrant le pain et le vin : “Ceci est mon Corps – Ceci est mon Sang”, Il s’est offert Lui-même en sacrifice, comme le véritable et unique Agneau de Dieu.

C’est la transition entre l’ancien rite et le nouveau : Jésus met ainsi fin définitivement aux sacrifices de l’Ancienne Loi ; Il leur substitue le sacrifice de la Nouvelle Alliance en son Sang.
Par son sacrifice, Il nous a délivrés du démon et de l’esclavage du péché.
Par sa mort, Il nous a rendu la vie.

La manne

Lors de leur traversée dans le désert, les Hébreux, n’ayant rien à manger, commencèrent à murmurer.
A la prière de Moïse, Dieu, pour ravitailler son peuple, fit pleuvoir une substance inconnue, qui ressemblait à de la farine très fine, aussi blanche que la neige, et d’un goût délicieux.

Les Hébreux, tout surpris de ce phénomène, s’interrogèrent : “Mân hû ? Qu’est-ce que c’est ?” (Ex 16, 15)
– “C’est, leur répondit Moïse, le pain que Dieu vous avait promis.

Chacun pût en ramasser chaque matin, autant qu’il lui en était nécessaire pour la journée, pas davantage, sauf la veille du sabbat (jour où il était interdit de travailler), où l’on en ramassait une double ration. Et chaque matin, le miracle se renouvelait. C’est ainsi que Dieu nourrit son peuple durant cette longue traversée du désert.

Jésus reprend cette figure dans son discours sur le Pain de vie (après la multiplication des pains) :

Je suis le Pain de vie.
Vos pères ont mangé la manne au désert, et ils sont morts.
Tel est le Pain qui descend du Ciel que celui qui en mange ne meurt pas.
Je suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ;
et le pain que je lui donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde. (Jn 6, 48-51)

En raison de sa douceur, la manne est le signe de la GRÂCE.

N.B. Cette étude est faite à l’intention des catéchistes, en particulier pour les adolescents.
Pour des enfants plus jeunes, il ne saurait être question de développer ces figures toutes à la fois : en choisir UNE, celle qui vous semblera la plus appropriée, (ou deux) et garder les autres en attente pour les années suivantes.