41 – LES ENFANTS ET LE SAINT SACREMENT (pédagogie)

Plan de ce document :

– “Laissez venir à moi les petits enfants”.
– Quand et comment transmettre à nos petits notre amour de l’Eucharistie ?
– Les enfants et la procession de la Fête-Dieu.
– Les enfants et l’adoration du Saint Sacrement.

Laissez venir à Moi les petits enfants… (Mc 10, 14)

Jésus a dit ces paroles, en Palestine, il y a de cela 2000 ans… Mais comment faire, maintenant qu’Il n’est plus parmi nous, pour Lui amener nos petits ? C’est tellement ce qu’Il désire !
N’oublions pas cette autre parole :

Et voici que Je suis avec vous, tous les jours jusqu’à la fin du monde. (Mt 28, 20)

Nous le savons bien : c’est dans la SAINTE EUCHARISTIE, ce trésor infiniment précieux, au Tabernacle, que nous Le trouvons. C’est là qu’il faut Lui amener nos petits.

Nos vues humaines n’auraient-elles pas quelquefois tendance à rétrécir notre horizon surnaturel ?
Nous avons déjà vu qu’il ne faut pas hésiter à les introduire très tôt dans le mystère de la Sainte Trinité.
De la même manière, et pour les mêmes raisons, pourquoi tarder à les amener devant le Tabernacle ?

Il semblerait que, dans ce domaine de la transmission de la foi, nous soyons parfois trop timorés, trop “frileux”… Sans doute, du fait que le tout-petit n’est pas encore en âge de “comprendre” (la raison n’étant pas encore éveillée), nous nous imaginons que cela va être difficile, nous craignons de ne pas savoir comment dire les choses…

En réalité, c’est bien nous qui compliquons les choses.

Dans les toutes premières années, rappelons-le, ce n’est pas avec sa “tête” que l’enfant va saisir les mystères divins : c’est avec son “cœur”, par la grâce de son baptême et dans la prière.

A cet âge, les petits captent le “divin”, le “spirituel”, avec autant d’aisance que l’éponge absorbe l’eau.
Mais cette “eau”, c’est à nous de la leur donner et il faut leur donner ! Ils en ont soif, ils l’attendent.

Cette toute première formation spirituelle est simple et facile lorsqu’elle est commencée dès le plus jeune âge. Elle consiste d’abord, essentiellement, dans notre propre manière de vivre et notre exemple.
Ce que les enfants nous voient vivre, tout naturellement, ils en vivront à leur tour, par osmose.

Pour leur faire connaître l’un ou l’autre de ces grands mystères divins – ici, le MYSTÈRE EUCHARISTIQUE –
il faut donc, simplement, EN VIVRE NOUS-MÊMES, mais réellement, profondément.
Plus notre vie intérieure sera profonde, plus elle imprégnera nos tout-petits.

Ce sont bien souvent les enfants qui nous font progresser : il arrive que ce soit les exigences de l’éducation qui nous “tirent en avant”, nous obligent à approfondir nous-mêmes notre foi pour être en mesure de la transmettre aux enfants.

Quand et comment transmettre à nos petits
notre amour de l’Eucharistie ?

On ne peut aimer que ce que l’on connaît : pour faire aimer Jésus à nos petits, il faut Le leur faire connaître.
Et, pour le connaître, amenons-Lui nos enfants, si petits qu’ils soient.

Bien avant d’être en âge de recevoir un enseignement sur l’Eucharistie, c’est par des actes pratiques qu’ils connaîtront et aimeront Jésus-Hostie (avec, de notre part, des AFFIRMATIONS simples mais claires).

Une visite à l’église

Dès que l’enfant commence à marcher – et même avant, dans les bras de sa maman ou dans la poussette – emmenons-le à l’église : “on va aller voir Jésus”.

Allons devant le Tabernacle : “JÉSUS EST LA” (une affirmation).
On S’AGENOUILLE (un geste) pour Le saluer, quelques instants de recueillement, un baiser à Jésus, et on repart. Mais attention : on marche “tout doucement”, sans faire de bruit avec ses pieds : première éducation du SILENCE, en vue de l’ADORATION.

Dans toute la mesure du possible, répétons ces courtes visites à l’église. En semaine, quand il n’y a personne, c’est facile (à condition que l’église soit ouverte !… Mais ceci est un autre problème).
L’enfant s’y sentira vite “chez lui” : tout naturellement il s’imprégnera de la Présence de Dieu.

L’église, c’est la MAISON DE DIEU, et Dieu est grand. Nous insisterons surtout sur le silence (c’est pourquoi la visite doit être courte), et sur la tenue (dans l’église, on ne court pas, on ne crie pas).

Première notion de respect, de “sens du sacré”…

La génuflexion

Au fur et à mesure que l’enfant grandit, nous irons plus loin :
ainsi, à partir de 3 ans, on pourra lui faire remarquer la petite lumière rouge près du tabernacle, signe que Jésus est là : chaque fois que l’on passe devant, on fait une génuflexion pour saluer le Roi du Ciel.

On expliquera le sens de ce geste : la génuflexion, cela veut dire qu’on se fait tout petit devant Lui.
C’est un signe d’adoration, c’est réservé à Dieu.

Comme le signe de croix, la génuflexion est déjà, par elle-même, une prière : la prière du corps. “L’enfant comprend en bougeant” (Montessori).

Mieux que par des discours, ce sont par de tels gestes que nous donnerons à l’enfant le sens de la grandeur de Dieu et du respect qui Lui est dû : devant Lui, on ne peut que se faire très petit.

Introduit dans la vie de l’enfant encore tout-petit, ce geste devient sans peine une habitude, un réflexe, une “seconde nature” ancrée au plus profond de lui-même : devant Dieu, on plie le genou, selon la recommandation de saint Paul (Ph 2, 9).

On n’entre pas dans une maison sans saluer le maître ou la maîtresse de maison : de la même manière, on n’entre pas dans une église sans d’abord saluer le Maître de la Maison.

A plus forte raison lorsqu’on passe devant le Tabernacle où se trouve Jésus en Personne !
Et le geste qui convient alors, c’est la GÉNUFLEXION, signe d’adoration…

Sagement entretenue par l’éducation, une telle habitude a de grandes chances de lui rester toute sa vie comme un support pour sa vie de foi.

Un exemple vécu…

Voici un petit bonhomme de 16 mois. Chaque fois que Maman fait les courses, on s’arrête devant l’église. On pousse la porte, on sort de la poussette.
Maman fait une belle génuflexion.
Notre petit homme, trop petit encore, ne sait pas encore se mettre à genoux, mais il a bien compris ce qu’il faut faire : il s’accroupit.
Puis il se relève et va tout droit devant le tabernacle. Il va au premier rang, s’agenouille, croise ses mains, ne bouge plus.
Maman arrive derrière, se met près de lui. Deux minutes, trois… en grand silence.
Puis Maman murmure, très bas, quelques mots : “Jésus, Vous êtes là : je Vous adore, je Vous aime de tout mon cœur”. Encore un peu de silence… Et on se relève.
Une autre génuflexion pour dire “au revoir à Jésus”, et on repart. Sans courir.

Tout en le remettant dans la poussette, avant de sortir, Maman dit : “Jésus t’aime, et Il est si content quand on vient Le voir et Lui dire qu’on L’aime”.

Quand vient l’âge de la Première Communion….

Nous n’entrerons pas ici dans le détail de la préparation à la Première Communion, cela nous entraînerait trop loin.
Voir le livret “Ma première Communion“.

Dans la formation religieuse que nous donnons à nos enfants, cette préparation à la Première Communion trouve tout naturellement sa place vers 6 ou 7 ans, parfois même avant.

Le désir de recevoir Jésus

Normalement, le désir vient de l’enfant lui-même, s’il voit ses parents et ses aînés aller communier.
Cet acte important dans la vie d’un enfant nécessite évidemment une soigneuse préparation.
Nous lui montrerons tout le bienfait que nous pouvons recevoir de Jésus dans l’Eucharistie : c’est Lui qui l’aidera à devenir bon, à corriger ses défauts, faire les progrès et les efforts nécessaires.
On ne reçoit pas Jésus parce qu’on est parfait, mais parce qu’on a besoin de Lui pour le devenir :
il faut donc, avant de s’approcher du Corps très Saint de Jésus dans l’Eucharistie, commencer par reconnaître sa propre faiblesse (acte d’humilité, demander pardon de ses fautes) et désirer Le recevoir.

L’action de grâces des enfants

Apprenons enfin à nos enfants l’action de grâces : ADORER Jésus dans son cœur, REMERCIER du Trésor reçu, et pour vivre avec Lui, comme son ami, tout faire pour le conserver précieusement. C’est ce que nous ferons en les préparant à leur première communion.

Cette action de grâces sera à l’image de la nôtre. Et le meilleur moyen pour les former à cette vie intérieure d’union avec Jésus, c’est notre propre exemple.

Apprenons-leur à faire le silence dans le cœur : se tenir en silence, attentif à Jésus-Hostie dans son cœur, s’unir à Lui pour rendre gloire à Dieu, n’est-ce pas la plus belle action de grâces ?
L’enfant en est tout à fait capable.

Apprenons-leur, en particulier, à prier “AVEC JÉSUS” :
Jésus s’est fait l’un des nôtres pour nous faire connaître son Père, Il a voulu venir en nous, “faire en nous sa demeure”, précisément pour pouvoir, en nous, prier son Père, comme Lui seul sait le faire.

Prière de louange “Je Te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre…”

Prière de confiance et d’abandon : “Père, entre tes mains je remets mon esprit.”

Certes, cette action de grâces ne pourra pas se prolonger très longtemps, mais l’important est que l’enfant y mette tout son cœur, et qu’il se laisse “modeler”, conduire, par Jésus.

Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. (Ga 2, 20)

Adorer Jésus, ou Le recevoir dans notre cœur, c’est aussi s’unir à son Sacrifice

Recevoir Jésus, c’est aussi s’unir à son SACRIFICE, qui nous a réconciliés avec Dieu.

Ne craignons pas de montrer très tôt à nos petits ce lien entre l’Hostie et la Croix. Par nature, l’enfant est plus généreux que nous. Nous avons à leur apprendre à aimer la Croix pour l’amour de Jésus.

Si j’aime vraiment Jésus, j’accepterai, par amour pour Lui, d’unir mes petits sacrifices à son Sacrifice. C’est ainsi que nos enfants peuvent apprendre à supporter avec patience les petites difficultés quotidiennes, les contrariétés, les efforts à faire…

C’est maintenant qu’il faut les former au don de soi et à centrer sa vie en Dieu, sous le regard de Dieu.
Notons pour finir que cette éducation ne peut se faire que si nous-mêmes en vivons d’abord.

La procession de la Fête-Dieu

Il n’est pas difficile de faire participer les petits à la procession du Saint-Sacrement + dessin.

Cet hommage des enfants sera pour son Cœur la plus douce des réparations, parce que la plus pure. Mais c’est aussi un excellent moyen très simple de développer la foi de nos enfants dans la Présence réelle.

(A l’intention des enfants, vous trouverez dans la Bible d’une Grand’Mère, de la Ctesse de Ségur, quelques chapitres sur l’Arche d’Alliance : ch.61. 98.120
Ces récits vous permettront de leur faire comprendre, d’abord, le sens du Sacré, et ensuite, le sens de cette Procession de la Fête-Dieu.)

Pour préparer nos enfants à cette journée, que leur dirons-nous ?

UNE VÉRITÉ DE BASE :

Jésus a voulu rester avec nous dans l’Eucharistie parce qu’Il nous aime.
Le but de la FÊTE-DIEU est de reconnaître cet acte d’amour envers nous.

UNE ATTITUDE D’ÂME :

ADORONS Jésus caché sous les espèces du pain et du vin.
REMERCIONS-LE de s’être ainsi donné à nous.
AIMONS-Le assez pour venir souvent Lui RENDRE VISITE au Tabernacle.

Aujourd’hui, c’est la fête de Jésus-Hostie.

Après la messe, le prêtre va mettre de très beaux habits, il va prendre Jésus-Hostie dans le tabernacle, Le mettre dans un ostensoir : c’est comme un grand soleil doré qui sert à montrer l’Hostie quand on la sort du tabernacle – pour Le promener dans l’église et dehors, peut-être même, si c’est possible, dans les rues, ou dans les champs (suivant les cas).

Autour du prêtre qui porte Jésus, il y aura les enfants de chœur qui vont remuer leurs encensoirs.
Cela va faire beaucoup de fumée d’encens, une fumée qui sent très bon et qui monte vers le ciel : on offre à Dieu ce parfum, parce que tout est à Lui.

Cette fumée et son parfum représentent nos prières : si nous prions avec tout notre cœur, nos prières monteront vers Dieu “comme la fumée de l’encens” (Ps 140, 2).

Nous, nous suivrons le prêtre qui porte Jésus ; il y aura beaucoup de monde, on mettra des fleurs sur le chemin.

Vous, les enfants, vous serez devant : pour faire honneur à Jésus, vous allez jeter des fleurs devant Lui.
Voilà les petites corbeilles : nous allons chercher des fleurs, ou des pétales de roses … Il faut qu’on en ait beaucoup pour faire à Jésus un beau chemin tout en fleurs.

C’est une grande fête : vous allez mettre vos beaux habits (si possible, habiller les enfants en blanc).

Tout le monde chantera en l’honneur de Jésus, pour Le remercier d’être venu sur la terre, et de rester toujours avec nous dans l’Hostie. C’est une grande fête pour Jésus.

Nous pourrons expliquer à nos enfants chaque détail :

– les REPOSOIRS, tout décorés de bouquets et de cierges, pour recevoir le Roi du ciel.

– l’OSTENSOIR, en forme de soleil, pour montrer (c’est le sens du mot “ostensoir”) Jésus comme un “Soleil” : Il est la lumière de nos cœurs.

– le DAIS, sous lequel le prêtre, revêtu de beaux ornements, porte le Saint-Sacrement, notre Roi.

– l’ENCENS, réservé à Dieu, dont la bonne odeur représente notre prière qui monte vers Dieu.

– les FLEURS que jettent les petits enfants comme un tapis sur son passage, ce qui rappelle le cortège des Rameaux, et la louange des petits qui a tant plu à Jésus.

Rien n’est trop beau pour le Seigneur Jésus, et cet hommage des enfants sera pour son Cœur la plus douce des réparations, parce que la plus pure.

“Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent.”(Mc 10, 15)

L’adoration du Saint-Sacrement

Il faut redire ici les étonnantes capacités spirituelles des petits, tout autant que la nécessité, pour les parents ou les éducateurs, de développer en leur temps ces merveilleuses virtualités déposées dans leur cœur par le Seigneur pour les attirer vers Lui.

Si donc nous avons pris soin d’exercer, dès le début de leur vie, la vie spirituelle de nos petits, par la prière, par le sens de la présence de Dieu, s’ils ont été formés dès 3 ou 4 ans, à la maîtrise de leur corps et à la pratique du silence, alors leur cœur est prêt pour l’adoration devant le Saint-Sacrement.

Une expérience maintes fois répétée

Aux sceptiques qui en douteraient, de nombreuses expériences sont là pour le confirmer.
Un excellent travail est réalisé dans ce sens par des mouvements d’adoration pour enfants, avec des résultats étonnants (du moins pour ceux qui n’en ont pas l’expérience).
Ces formations spirituelles s’adressent généralement à des enfants dès l’âge de 4 ans, basées sur la nécessité de méditer la Parole de Dieu pour ouvrir les cœurs à l’adoration.

Les témoignages sont multiples

Une maman emmène pour la première fois sa petite dernière de 4 ans 1/2 à l’un de ces groupes d’adoration, à Montmartre…
Enchantée, l’enfant prend le métro qu’elle a si rarement l’occasion de prendre, le funiculaire pour la première fois, puis vient la “montée” avec ses différents moments : la chapelle, la procession, les chants, l’adoration… Avant de rentrer, la maman lui offre un bon goûter pour reprendre des forces…
Le soir, la maman pose la question à sa petite fille : “Qu’as-tu préféré aujourd’hui ?

– Oh ! Maman, c’est Jésus ! répond l’enfant, les yeux brillants de joie.

Une maman demandait à sa petite fille de 5 ans :” Où étais-tu ? Je ne t’ai pas vue.”
Et l’enfant de lui répondre “Mais maman, j’étais tout près de Jésus, tout près de Jésus !”

Une petite fille de 5 ans – après avoir médité “Heureux les doux” – avait bien compris : à l’occasion d’une dispute familiale, elle dit à sa maman : “Il faut toujours rester douce, sinon on n’est pas l’amie de Jésus”.

Ce qui est merveilleux, confie l’une des mamans responsables, c’est que ce sont les enfants qui sont demandeurs : ils tirent leur maman par la manche en disant : “Quand est-ce qu’on retourne voir Jésus ?”