23 – QUELLE PLACE POUR LA PRIÈRE EN CARÊME ? (spiritualité)

Le temps du Carême est traditionnellement consacré à une prière plus intense.
Les textes liturgiques sont là pour nous y aider.
Effort à faire afin de dégager du temps pour la prière personnelle et pour la prière familiale.
Importance de joindre l’étude à la prière.


Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme, ô mon Dieu … (Ps 24, 2)

Qu’est-ce que la prière ?

On ne devrait jamais oublier que la prière est une partie constitutive essentielle de la vie chrétienne. (…) Elle est l’expression première de la vérité intérieure de l’homme, la condition première de l’authentique liberté de l’esprit.
La fécondité de la famille chrétienne… découle de l’union vitale avec le Christ, alimentée par la liturgie, par l’offrande de soi-même et par la prière. (Jean-Paul II Familiaris Consortio 1981- § 62)

Voir à ce sujet  Prier : quelques points essentiels
La prière est ce mouvement de l’âme qui, dépassant les contingences matérielles ou visibles, se dégage de l’attirance du monde sensible et des soucis quotidiens, pour s’élever du fond de son néant de créature jusqu’à Dieu son Créateur, son Père, et monter dans un élan d’adoration, de reconnaissance et d’amour vers Celui à qui elle doit tout.

“La prière est l’élévation de notre âme vers Dieu, et l’expression la plus parfaite de l’humilité chrétienne. C’est l’adhésion totale de l’âme à Dieu. Le Seigneur nous demande de prier toujours, parce que sans prière nous ne pouvons rester soumis et unis à Dieu.
La prière est à l’âme ce que la respiration est au corps : quand elle se raréfie, l’esprit perd son élan, se laisse dominer par les passions.
Nous ne cessons pas de prier quand nous ne cessons de désirer Dieu. Il faut cependant soutenir cet élan intime vers Dieu par des moments de recueillement et de prière vocale. Beaucoup plus qu’un “exercice”, une “pratique”, la prière est avant tout une attitude d’humble et surnaturel respect en face de Dieu et des anges…
Les paroles doivent nous introduire dans cet intime contact d’amitié avec Dieu, qu’est l’oraison. (Dom Germain BARBIER. Moine bénédictin. Règlement de vie chrétienne. En-Calcat)

Nourrir notre prière… : les textes liturgiques

Le temps du Carême est traditionnellement consacré à une prière plus intense. Mais il ne suffirait pas de nous contenter de quelques “formules” auxquelles nous nous sommes trop habitués.

Intensifier notre vie de prière pendant ce temps est un doux devoir… Et c’est chose facile grâce aux si beaux textes que la liturgie nous offre pour chaque jour : il suffit de se laisser porter par cet ensemble d’une grande richesse que nous n’épuiserons pas ! Parmi tous ces textes – antiennes, oraisons, lectures – nous en trouverons certainement l’un ou l’autre par lesquels l’Esprit Saint viendra nourrir notre âme et lui apporter une plénitude insoupçonnée.

Toute la liturgie de ce temps est une invitation à réfléchir sur nous-mêmes, à revenir à Lui pour autant que nous nous en sommes éloignés.

Prendre le temps de prier…

Cela demande, de notre part, de consentir à prendre les 10 minutes, le 1/4 ou la 1/2 heure pour ce tête-à-tête avec le Seigneur. Mais c’est peut-être ce qui est le plus difficile à réaliser dans notre rythme quotidien. Le temps nous manque ? Le Seigneur vous le revaudra, soyez-en sûrs.
Laissons-Le agir en nous à son gré, opérer Lui-même en notre âme ce long travail de purification qui nous permettra ensuite de goûter la profonde joie pascale de la Résurrection.

Pas le temps de prier ?

La prière ne représente pas du tout une évasion des tâches quotidiennes, mais elle constitue l’impulsion qui porte plus fortement la famille chrétienne à assumer ses responsabilités de cellule première et fondamentale de la société humaine, et à s’en acquitter pleinement.
(Jean-Paul II Familiaris Consortio, 1981)

Parce que notre travail est désordonné, nous n’avons pas le temps de prier ; et parce que nous ne prions pas, notre travail se complique. Cette causalité réciproque nous fait tourner en vrille… Le travail sans la prière demeure sans fruit.
(John Senior. Restauration de la culture chrétienne. Ed DMM)

Pour prier, il faut le vouloir. Il ne suffit pas non plus de savoir ce que les Écritures révèlent sur la prière : il faut aussi apprendre à prier. Or, c’est par une transmission vivante (la Sainte Tradition) que l’Esprit-Saint, dans “l’Eglise croyante et priante”, apprend à prier aux enfants de Dieu. (CEC 2650)
On entre en prière par la porte étroite de la Foi. A travers les signes de sa Présence, c’est la Face du Seigneur que nous cherchons et désirons, c’est sa Parole que nous voulons écouter et garder. (CEC 2656)

Les temps de la prière :

– On a toujours été porté à prier au réveil : de fait, il est indispensable de commencer la journée par une prière profonde et vraie, qui nous mette à notre place en face de Dieu, nous tourne vers Lui et oriente notre vie. Cette orientation est essentielle, puisqu’en définitive tout se résout pour nous à être ou ne pas être tournés vers Dieu.
A la tombée du jour, le travail fini, avant d’entrer dans le recueillement de la nuit, l’homme se sent attiré à conclure sa journée en face de Dieu.
Un temps d’oraison : outre la prière du matin et du soir, nous avons absolument besoin chaque jour d’un contact profond et silencieux avec Dieu. Il nous faut, chaque jour, venir nous mettre sous son regard, se voir dans sa pure lumière et écouter ce qu’elle dit en nous. L’oraison, c’est la lumière de Dieu dans notre vie. (Dom Germain BARBIER Moine bénédictin. Règlement de vie chrétienne. En-Calcat)

La prière familiale

La famille chrétienne est le premier lieu de l’éducation à la prière. (…) Pour les jeunes enfants en particulier, la prière familiale quotidienne est le premier témoin de la mémoire vivante de l’Église éveillée patiemment par l’Esprit-Saint. (CEC 2685)

Voir à ce sujet  Conseils pour la prière en famille

Par la prière, éveiller nos enfants à la vie de l’Esprit

Les parents sont les premiers hérauts de l’Évangile auprès de leurs enfants.
Bien plus, en priant avec eux, en s’adonnant avec eux à la lecture de la Parole de Dieu, et en les faisant pénétrer, par l’initiation chrétienne, dans l’intimité du Corps du Christ, eucharistique et ecclésial, ils deviennent pleinement parents, en ce sens qu’ils engendrent non seulement à la vie selon la chair, mais aussi à celle qui, à travers la renaissance dans l’Esprit, jaillit de la Croix et de la Résurrection du Christ.
(Jean-Paul II Familiaris Consortio § 39)

Les parents chrétiens ont le devoir d’éduquer leurs enfants à la prière

Sur la base de leur dignité et de leur mission, les parents chrétiens ont le devoir spécifique d’éduquer leurs enfants à la prière, de les introduire à la découverte progressive du mystère de Dieu et à l’entretien personnel avec Lui. (Jean-Paul II Familiaris Consortio § 60)

Outre les prières du matin et du soir, sont à conseiller expressément : la lecture et la méditation de la Parole de Dieu – la préparation aux sacrements – la dévotion et la consécration au Cœur de Jésus – les différents formes de piété envers la Vierge Marie – la bénédiction de la table – les pratiques de dévotion populaire.
Dans le respect de la liberté des fils de Dieu, l’Église a proposé et continue de proposer aux fidèles quelques pratiques de piété avec une insistance particulière.
Parmi celles-ci, il faut rappeler la récitation du chapelet. (Jean-Paul II Familiaris Consortio – § 61)

De tout, nous pouvons faire une prière

Prier dans les événements de chaque jour et de chaque instant est l’un des secrets du Royaume, révélés aux “tout-petits” et aux pauvres des Béatitudes …
Il est important de pétrir par la prière la pâte des humbles situations quotidiennes. (CEC 2660)

De toutes ces humbles tâches matérielles qui sont notre lot quotidien, nous pouvons faire une prière : une jeune maman qui a passé une nuit entrecoupée auprès d’un enfant malade n’aura certes pas le “loisir” de prendre ce jour-là un temps d’oraison ;
mais elle peut offrir dans la patience ce manque de sommeil, ces inquiétudes, les difficultés de tous ordres, les inévitables contretemps qui émaillent notre vie entière, et s’offrir soi-même dans toutes ces choses qui exercent notre renoncement : n’est-ce pas là déjà une belle prière agréable à Dieu ?
Pour cette maman, voilà le vrai carême.
L’important sera, ensuite, lorsque l’occasion sera redevenue plus favorable, de reprendre une prière plus régulière, et pour cela il faut “le vouloir” : nous en avons besoin pour nourrir non seulement notre âme, mais celle de ces petits que Dieu nous a confiés.

A la prière, joindre l’étude : mieux connaître Dieu pour mieux L’aimer

On ne peut aimer que ce que l’on connaît : comment connaître Dieu sans ce contact quotidien et sans approfondir, à la fois dans la prière et dans l’étude, cette connaissance de Dieu ?
Ce n’est pas parce qu’on ne Le voit pas qu’Il est inconnaissable.
Notre relation avec Dieu est établie sur le plan de la foi : il s’agit d’une connaissance surnaturelle, et nous prenons les moyens qui correspondent à cette vie de la foi. Ces moyens, c’est l’Église qui nous les donne.

A la prière, il faut donc joindre l’étude : le CATÉCHISME de L’ÉGLISE CATHOLIQUE nous apporte les éléments de cette connaissance, sur tous les sujets fondamentaux.

Un médecin, un avocat, un technicien, sont professionnellement obligés de se tenir au courant des dernières découvertes ou lois parues … Dans tous les métiers, et surtout à notre époque, on attache une grande l’importance à “la formation permanente“.

Curieusement, le domaine de la Foi est celui où l’on se soucie le moins d’entretenir et d’enrichir ses connaissances : il n’est pas normal d’en rester au catéchisme de son enfance, sans rien de plus.

Les années passant, si cette connaissance n’est pas entretenue, tout ce qui avait nourri notre âme va s’appauvrir, s’estomper dans un lointain poussiéreux, ou encore se déformer sous le poids de mauvaises habitudes ou d’influences contraires.
Et ce qui est le plus important pour notre vie – la vie éternelle, celle qui ne finit pas… va se trouver progressivement relégué dans l’oubli ou l’indifférence.

Pour le Carême, une résolution

Lire chaque soir quelques pages du CATÉCHISME. Le choix est grand : le mystère de la Rédemption, la prière, le silence, la pénitence ou tout autre sujet sur lequel vous vous posez une question particulière.

Il sera très utile d’approfondir le Catéchisme de l’Église Catholique qui présente fidèlement et organiquement l’enseignement de l’Écriture Sainte, de la Tradition vivante et du Magistère authentique, de même que l’héritage spirituel des Pères, des saints et saintes de l’Église, pour permettre de mieux connaître le mystère chrétien et de raviver la foi du peuple de Dieu.
(Jean-Paul II. A l’approche du Troisième Millénaire 42)

Ces pages très bien rédigées, ne sont pas difficiles à lire. Et elles ne sont pas seulement à lire : il faut les méditer, les travailler, le crayon à la main.
Autre suggestion : vous pouvez aussi vous réunir à plusieurs amis ou foyers, en petit groupe d’étude. Vous y trouverez à coup sûr un grand enrichissement.