22 – UNE NOURRITURE SUR LA ROUTE DU CIEL (spiritualité)

Beau texte de saint Jean Chrysostome pour nous rappeler que Jésus nous invite à sa Table…


L’Eucharistie, comme “SACRIFICE”, nous rappelle que Jésus a donné sa vie pour nous sauver : manifestation continuelle de l’amour que Dieu nous porte. C’était l’objet de la fête du Jeudi-Saint.

En la fête du Très Saint Sacrement, nous célébrons l’Eucharistie comme “SACREMENT”.

Comprenons combien Dieu nous aime, puisqu’Il nous invite à sa Table : c’est son propre Corps qu’Il nous donne à manger. Mais s’Il se donne à nous en nourriture, c’est pour nous assimiler à Lui.
Saint Jean Chrysostome nous invite à nous approcher de ce mystère avec le plus grand respect.

Puisque le Verbe a dit :Ceci est mon Corps”, croyons-Le, et contemplons-Le Lui-même des yeux de l’esprit.
Car le Christ ne nous a rien donné de sensible ;
mais, à la vérité, sous des formes sensibles, (Il nous a donné) toutes choses spirituelles.

Il en va de même du baptême : par l’eau, chose sensible, en effet, un don nous est conféré ;
mais la réalité spirituelle qui s’accomplit, c’est la création et la rénovation.

Car si tu n’avais point de corps, Lui-même t’aurait accordé des dons sans revêtements corporels.
Mais puisque l’âme est unie au corps, Il te présente des choses spirituelles sous des formes sensibles.

Que personne donc ne s’approche avec dégoût, personne avec tiédeur ;
mais que tous soient brûlants d’amour, tous fervents et zélés.

Car si les Juifs mangeaient avec empressement l’agneau pascal debout, et les pieds chaussés,
avec le bâton à la main, il te faut être beaucoup plus vigilant :

eux se disposaient à partir en Palestine, et à cause de cela prenaient l’aspect de voyageurs ;
mais toi, tu dois t’en aller vers le ciel.

C’est pourquoi en toutes choses, il te faut être vigilant,
car elle n’est point légère, la peine dont sont menacés ceux qui reçoivent indignement le Seigneur.

Songe combien tu t’indignes contre le traître et contre ceux qui crucifièrent Jésus.
Prends donc garde que, toi aussi, tu ne sois coupable du corps et du sang du Christ.

Ceux-ci firent mourir son corps très saint ;
mais toi, tu Le reçois, l’âme souillée, après tant de bienfaits.

Et il ne Lui suffit pas de se faire homme, d’être souffleté et crucifié.
Mais Il veut encore s’unir intimement à nous, en sorte que, non seulement par la foi, mais en toute réalité, il fait de nous son propre corps.

Songe à quel honneur tu es élevé, à quelle table tu participes. Ce que les Anges voient en tremblant, ce qu’ils n’osent contempler librement à cause de la splendeur qui en rayonne, nous en faisons notre nourriture : nous nous y unissons, et nous devenons avec le Christ un seul corps et une seule chair.
Il nous nourrit de son propre sang et, par tous les moyens, nous incorpore à Lui.

(saint Jean Chrysostome)