VIRUS ET CONFESSIONS

Plan de cet article

1) Contrition imparfaite et contrition parfaite
2) Confirmation récente par Rome (19 mars)
3) Comment en parler aux plus jeunes
4) Tout le monde est concerné
5) Pour approfondir : la contrition parfaite, clé d’or du Paradis (plaquette à télécharger)

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Nous sommes dans une situation exceptionnelle.
Nous avons besoin de nous confesser, surtout au moment de la Semaine sainte et des fêtes pascales où l’Église nous en fait un devoir.
Or ce n’est, pratiquement, pas possible en ce moment.

1) Contrition imparfaite et contrition parfaite

Cependant, grâce à la miséricorde de Dieu, quelle que soit la gravité de nos péchés, ils peuvent être pardonnés avant une confession à un prêtre.

À quelles conditions ?

À la base, avoir la contrition de ses péchés, “douleur de l’âme de détestation du péché commis, avec la résolution de ne plus pécher à l’avenir “. (Catéchisme de l’Église catholique –  1451)

Cette contrition peut avoir deux formes.

On la dit imparfaite si elle se basée sur “la laideur du péché ou de la crainte de la damnation éternelle et des autres peines dont est menacé le pécheur” (…). Cette contrition par crainte n’obtient pas le pardon des péchés graves tant qu’on ne s’est pas confessé à un prêtre.” (CEC 1453)

Pour être pardonnés sans attendre la confession à un prêtre, il faut une contrition que l’on appelle “parfaite”.
C’est une contrition qui “provient de l’amour de Dieu aimé plus que tout (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle“. (CEC 1452)

2) Confirmation récente par Rome (19 mars)

Sur le fond

En ce qui concerne la confession pascale, et en général les autres confessions, spécialement en cas de péché mortel ou grave, impossibles pour de très nombreux fidèles dans le contexte actuel d’épidémie de coronavirus, le décret de la Pénitencerie Apostolique du 19 mars 2020 (cf. aussi homélie du Saint-Père du 20 mars 2020) comporte cette disposition : “ceux qui n’ont pas accès au sacrement de Pénitence peuvent demander à Dieu le pardon de leurs péchés – même mortels – d’un cœur contrit et sincère (contrition), avec la ferme résolution de recourir à une confession sacramentelle dès que possible”.

Dans la pratique … comment faire ?

1) On se retire seul … Après un long temps de silence pour se mettre en présence de Dieu, on lit un passage de l’Évangile.
Exemples : L ‘enfant prodigue (Lc 15, 11-32) ; la rencontre avec Zachée (Lc 19, 2-10) ; La femme adultère (Jn 8, 1 – 11) ; Repas chez Matthieu- (Mt 9, l0-13)
2) Puis, on médite la Parole de Dieu pendant un long temps de silence.
3) On prie le Psaume 50 (le psaume Miserere).
4) On fait son examen de conscience soigneusement, puis on dit le Confiteor (« Je confesse à Dieu »).
5) On confesse ses péchés à Dieu dans le secret de son âme.
6) Enfin, on dit “l’acte de contrition” en s’engageant fermement à confesser ses péchés à un prêtre dès que ce sera possible pour recevoir l’absolution sacramentelle.

ACTE DE CONTRITION

« Mon Dieu, j’ai un très grand regret de vous avoir offensé
parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable
et que le péché vous déplaît
.
Aussi, je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce,
de ne plus vous offenser et de faire pénitence. »

On conclut par la prière mariale du «Salve Regina».

3) Comment en parler aux plus jeunes

Fil conducteur proposé à adapter au cas par cas.

 … j’ai besoin de me confesser   (… j’ai fait un péché grave) 
En ce moment, tu sais, ce n’est pas très possible…

… mais en attendant ? Et si je meurs avec le virus, je vais aller en enfer ? Je vais être privé de Dieu pour l’éternité ?
Écoute-moi bien. Il y a une solution.

… expliques-moi
Tu ne vas pas regarder ce péché grave par rapport à toi, mais par rapport à Dieu.
Tu l’as offensé, tu lui as fait beaucoup de peine, tu ne l’as pas aimé à ce moment-là.
Si tu es triste d’avoir fait le mal parce tu as blessé Dieu,
si tu regrettes ton péché à cause de ton manque d’amour pour Lui,
Il va te pardonner tout de suite.

… c’est vraiment vrai ? Mais alors comment on va faire ?
Tu vas (nous allons) lui parler du plus profond de ton cœur et lui dire tout doucement :

Mon Dieu, j’ai un très grand repentir de vous avoir offensé parce que :
– Vous êtes infiniment bon, avec tout ce que m’avez déjà donné,
– Vous êtes infiniment aimable, grand, bon, puissant et miséricordieux.
Je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
Je Vous aime et je veux Vous aimer de plus en plus.

…et alors je suis pardonné tout de suite ?
Oui. Tu peux en être absolument sûr. Merci, Seigneur.

Mais il reste quatre choses à faire :
– ne pas te dépiter, te vexer de ce que tu as fait, ne pas tourner en rond sur toi, te tourner vers Dieu, te convertir,
– ne pas te remettre dans les circonstances qui t’ont amené à faire ce péché et résister énergiquement à la tentation de recommencer,
– faire quelques sacrifices de ton choix pour prouver et dire à Dieu que tu L’aimes,
– et surtout,  tu t’engages, dès que ce sera possible, à aller te confesser à un prêtre, ce qui est absolument nécessaire et en particulier avant de communier.

… d’accord. Mais, tu vas m’aider.
Bien sûr. Mais surtout dis et redis le plus souvent possible à Dieu, à Jésus que tu L’aimes pardessus-tout. C’est ce qu’Il attend maintenant de toi. Il est mort sur la croix pour te pardonner et pour que tu aies la vie éternelle.

4) Tout le monde est concerné

En fait, tout le monde est concerné par ce genre de situation, à titre personnel, comme parent, comme soignant, etc.
Et dans les situations les plus diverses. Par exemple, pour :
– éviter des gestes de désespoir,
– intervenir auprès des mourants, y compris auprès de ceux qui ne sont pas chrétiens.

5) Pour approfondir : la contrition parfaite, clé d’or du Paradis (plaquette à télécharger)

Ce petit livre, tant par l’importance souveraine de la matière qu’il traite (matière bien peu connue de la plupart des chrétiens) que par l’abondance de la doctrine et l’intérêt de ses applications pratiques, vaut de longs ouvrages” (début de la préface).

Télécharger la plaquette – 11 pages (gratuit)

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